Le test de Luigi's Mansion

Le vendredi 3 mai 2002 est un jour historique en Europe dans le monde vidéoludique. La plus grande console Nintendo de tous les temps débarque sur le Vieux Continent, et bien que cette arrivée soit discrète — peu médiatisée, peu de publicité —, la Game Cube n'est pas là pour faire de la figuration. Son but: concurrencer les deux autres 128-bits présentes sur le marché, à savoir la XBox ( qui pour l'instant, ne connaît pas de francs succès) et la PlayStation 2, considérée comme la grande rivale.

UNE ÉNORME SURPRISE!

Une entrée fracassante...À chaque console correspond son Mario: SMB pour la NES, SMW pour la SNES ou Mario 64 pour la N64. La Game Cube doit donc se présenter avec son Mario à elle. Et pourtant... la surprise est de taille quand on apprend que LE premier jeu de la console n'a pas pour héros Mario mais son frère Luigi!
Quand on allume la console, on apprend tout d'abord l'intrigue, qui diffère légèrement de l'ordinaire. Lors d'une tombola loufoque à laquelle il n'a pas participé, le n°2 des plombiers italiens gagne un manoir ( mansion en anglais) et décide d'y passer quelque temps avec son aîné. Ils se mettent d'accord sur un point: Mario s'y rendra un peu avant Luigi, qui le rejoindra juste après. L'introduction nous permet de suivre alors un Luigi réellement poltron qui se perd dans la forêt qui entoure le manoir, mais qui parvient finalement à se rendre dans son nouveau logis. Là commence l'aventure, la toute première des plombiers en version 128-bits, mais qui s'annonce franchement démente...

POLTERGUST 3000

Luigi branche son aspirateur dans le Portificateur Ectoplasmique pour transformer les fantômes en tableaux.Luigi entre donc dans le manoir, vraiment pas rassuré ( la forêt est sinistre, il fait nuit, bref tous les ingrédients du film d'horreur sont réunis). En fait, l'extérieur ressemble vraiment au manoir hanté de Super Mario 64... mais en mieux, évidemment. Luigi se rend immédiatement compte qu'il a été roulé: le manoir est sordide à souhait et il ne manque que des fantômes.
Il suffisait de les demander! Le manoir est envahi par des spectres de toutes sortes ( dont les célèbres Boos, mais aussi plein de nouveaux, à forme " humaine " qui viennent hanter la demeure abandonnée). Luigi sait qu'il va suivre le même destin funeste que son frangin: il est à la merci des esprits...
Mais il y a pire que les esprits! Un vieux type loufoque survient et chasse les fantômes à l'aide d'un simple aspirateur!!! Seulement, ce n'est pas un simple aspirateur: le professeur E. Gadd étudie depuis plusieurs mois les fantômes dans ce manoir, et son aspirateur, qui répond au — pompeux — nom de Poltergust 3000, est l'arme absolue de la chasse aux fantômes.

UN UNIVERS INÉDIT

Boolossus est sans doute le plus difficile de tous les boss des jeux Mario!Le brave professeur, qui n'est pas un vieux radin, vous offre aussi une lampe-torche qui permet de se rendre compte des fabuleuses performances de la GameCube en matière de jeux d'ombre, avc l'utilisation de la technique dite du pixel shading. Les effets de transparent, essentiels vu la quantité de spectres qui envahissent la masure, sont parfaitement gérés par l'alpha blending, qui permet de rendre transparent un polygone texturé.
Le manoir en lui-même offre des décors sympathiques. Jusque-là, la 3D ne nous avait pas permis — sauf peut-être dans Super Mario RPG — d'admirer des décors intérieurs réussis. Le château de Peach et la maison hantée de Super Mario 64 n'étaient pas très variés, et nous laissaient sur notre faim. Quant aux graphismes des deux derniers Mario Party, ils sont comme chacun sait pitoyables, si bien qu'on ne peut pas parler de 3D! Dans Luigi's Mansion, en revanche, le problème est résolu. Comme la majeure partie du jeu se déroule dans le manoir, on peut se rendre compte du superbe travail effectué par Nintendo sur le
Et à l'angle du couloir, quelle nouvelle horreur va surgir?plan des intérieurs. Les pièces sont variées, il y a plein de tableaux à admirer et certains angles de vue, comme celui de droite, peuvent vraiment donner la trouille: en effet, Luigi est face à vous, et donc il est impossible de déterminer si quelque chose surgira à l'angle des deux couloirs!
Ce qui est exceptionnel — et également très fun —, c'est que Luigi peut aspirer plein d'éléments du décor avec son " arme". Par exemple, outre les chandelles, les bibelots et les meubles, qui vont remuer à chaque utilisation du Poltergust — et vous octroyer de nombreux bonus — il est possible d'aspirer les posters qui ornent les murs, ou tous les objets en papier ( torchons, papier toilette, affiches, serpillières) Vous serez parfois obligés d'aspirer des éléments du décor pour progresser dans le jeu. La déformation des objets aspirés est révélatrice de ce dont est capable la console.
Les décors extérieurs ne sont pas mal non plus. Luigi se promène à votre gré dans l'inquiétant jardin qui se trouve derrière la manoir, voire carrément dans le cimetière — on se doute de ce qui peut nous y attendre!. " Armé", cette fois, d'une lampe-torche — dont il fait usage dans les pièces sombres du manoir —, le plombier à la casquette verte part à la recherche des spectres qui hantent aussi le jardin. D'ailleurs, Shigeru Miyamoto a prévenu ses futurs clients: « Les plus jeunes auront peut-être besoin d'un plus grand à leur
La séquence d'intro vaut le coup.côté pour ne pas être effrayés par l'ambiance du jeu! » No comment. Mais il est vrai que parfois, le jeu présente un petit côté à la Resident Evil par son aspect quelque peu effrayant ( même si la série gore est interdite aux moins de 16 ans!), ses couloirs inquiétants ( on ne sait jamais ce qui va arriver!) ou ses fantômes présents un peu partout et qui paraissent inarrêtables. En revanche, contrairement à la majorité des jeux de la gamme Nintendo, la bande son n'est pas très variée, le son numérique attendu ne frappe pas au premier coup... d'oreille, et les thèmes sont encore une fois des reprises. Pas très original. Le jeu a toutefois l'atout typique de Nintendo: son gameplay incroyable. La manette, on le sait, a été conçue par le maître Miyamoto et est très bien étudiée. Facile à prendre en main, Luigi's Mansion ne pose quasiment plus aucun problème après une heure de jeu.

GAME BOY HORROR!!!

La GameBoy Horror est la grande innovation du jeu, et permet d'accéder au plan, à l'inventaire et aux commentaires de Luigi sur ce qui l'entoure.L'une des autres innovations par rapport à la panoplie du héros, c'est la Game Boy Horror. Après la Game Boy Pocket, la Game Boy Camera, la Game Boy Color et la Game Boy Advance, la petite portable devient carrément propriété du héros, qui s'en sert essentiellement pour repérer les spectres. Souvent, Luigi peut faire son propre commentaire sur les objets choisis avec la portable 128-bits ( ben oui, ça existe maintenant). Elle lui permet aussi de rencontrer des objets que l'angle de vue ne permet pas de voir. En effet, et c'est l'un des rares défauts du jeu, vous ne disposez que d'un seul angle de vue, horizontal, qui donne l'impression d'être dans une bonne vieille plate-forme 3D à la Yoshi's Story.
Fréquemment, vous croiserez Toad — qui fait lui aussi partie du jeu. Comme dans l'épisode 64-bits, le petit champignon dévoué à la princesse est une précieuse aide sans laquelle la progression serait bien ralentie. Il se trouve dans le manoir car Peach lui a ordonné de retrouver Mario... sans quoi elle risque de faire une dépression nerveuse ( sic).
Brrrr...
Mais dans tout ça, n'oubliez pas que vous avez une mission à accomplir! Mario est prisonnier des esprits, et Luigi doit vaincre sa frousse légendaire pour le sauver! Et si vous cherchez à vous sauver en appuyant sur le bouton A du paddle, ça ne changera rien! En effet, ce bouton sert à appeler Mario, et rien d'autre. Selon l'état de Luigi, sa voix sera carrément différente. Tiens, à propos des voix, celle de Luigi est excellente, retranscrit parfaitement les émotions du pauvre plombier, au contraire de celle du professeur E. Gadd, qui ne correspond pas trop à son physique déjanté.

En conclusion: Luigi's Mansion est une cartouche... euh, un CD, pardon! — il va falloir que je m'y habitue — qui est absolument indispensable à tout Nintendomaniaque fan de Mario. Les graphismes extrêmement bien gérés grâce à un processeur graphique innovateur et la manabilité du jeu est un sans-faute. Par contre, la longévité un peu limitée du jeu et sa bande son lancinante — unique chez Nintendo, ou presque! — sont quelques points faibles qui prouvent qu'aucun jeu n'est parfait.

Graphismes: 20/20

Musique: 16/20

Principe: 19/20

Durée de vie: 17/20

Note générale: 18/20

Retour au hall du manoir...

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