Une nouvelle
ère ( 1990-1994)
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Fin 1990, Nintendo proposa son premier jeu à la fois sur NES et Game Boy: Dr. Mario. Un jeu plutôt réussi, qui est un énième remake de Tetris avec, cette fois, un flacon pour cadre et des gélules de couleur à la place des briques. Sur SNES, Mario apparaît sous forme de statue sur la place de la ville du célèbre Sim City ( on voit également son portrait dans un des tableaux du bureau). L'année 1991 ne voit rien sortir. On craint une terrible panne, lorsque, début 1992, Mario revient au sport avec Super Mario Kart. Le test de ce jeu se trouve dans la partie Tests du site.
Nintendo créa aussi un logiciel de dessin
éducatif et très ludique: Mario Paint, où l'on peut créer des dessins, des animations
et même de la musique, en utilisant des tampons du style
graphique de Super Mario World; on peut aussi jouer à un jeu
très fun: Gnat
Attack. La nouveauté
étant bien sûr l'utilisation de la souris. Superbe, Mario Paint
est un jeu vraiment très vaste.
On peut ainsi réaliser ses propres dessins, grâce aux multiples fonctionnalités du logiciel: trois types de crayons permettent de dessiner des formes avec l'épaisseur souhaitée. 105 tampons pré-installés peuvent être insérés dans le décor; certains d'entre eux font tout simplement partie de Super Mario World. Il existe aussi un aérographe, histoire de faire des tags de couleur ( pourquoi pas?), ou une commande assistant le joueur pour créer de vraies formes ( cercles, carrés, lignes vraiment droites); j'ajouterai encore quelques touches à l'ensemble, avec par exemple le pinceau-brosse, remplissant entièrement une zone avec la couleur ou le tampon désiré ( on peut faire un fond avec uniquement des têtes de Mario, ça ne dérange absolument pas!!!), une fonction copier-coller ( indispensable) ou 9 gommes spéciales et animées qui apportent encore plus à ce jeu.
Mais le meilleur reste à venir; outre un
cahier de coloriage et un fichier sauvegardable ( votre plus
belle uvre sera ainsi conservée), vous trouverez votre
bonheur grâce à l'animation, ce qui se fait de mieux dans
MarioPaint. Dessinez un Mario arrêté puis marchant 9 fois de
suite, réglez sa vitesse et vous pourrez le voir évoluer dans
le décor que vous avez dessiné! Et le tout au format 16/9ème
si cela vous enchante.
À votre séquence cinématographique ( vous pouvez même l'enregistrer sur une cassette vidéo!!!) vous devez ( ça l'fait) ajouter un fond musical, sinon il manquerait un p'tit quelque chose... MarioPaint comporte une section permettant de composer vous-même votre partition musicale, avec des têtes de persos correspondant aux instruments. Et si vous êtes nul à ce petit jeu, ne pleurez pas, il existe trois morceaux pré-enregistrés sur la cartouche, dont vous pouvez paramétrer la vitesse, les instruments, etc.
À MarioPaint est également intégré un
jeu assez spécial mais terriblement amusant: Gnat Attack. Le principe du jeu est bête, il faut,
avec une tapette à mouches, éliminer toutes les sales bébêtes
( mouches, frelons, et même des Bob-Ombs) qui polluent l'écran.
Il y en a 100 en tout, vous n'avez pas de limite de temps et des
points de vie viennent régulièrement s'ajouter sous forme de
main ( encore faut-il les attraper). Au bout de ce combat qui met
la souris à rude épreuve, vous affrontez le Roi Watinga, qui
n'est qu'un énorme boss-insecte qui vous mange un tiers de la
surface de jeu. Le problème de ce jeu est qu'au bout des trois
niveaux, vous n'avez plus qu'à recommencer. Mais on s'amuse bien
quand même!
Bilan: il ne manque rien à MarioPaint, si ce n'est une imprimante ( quel exigeant, ce Mario86) et plusieurs fichiers sauvegardables. Car on s'en mord les doigts de devoir supprimer un joli dessin pour en mettre un autre par-dessus!!! Les dilemmes seront effectivement très nombreux durant une partie de MarioPaint.
Nintendo ne voulait pas pour
autant abandonner la plate-forme. Et, après des deuxième et
troisième remakes de Tetris en la personne de Mario & Yoshi, jeu d'empilage de persos sympa mais
bizarre car un peu juste pour son époque, et de Yoshi's
Cookie, où le but est de faire disparaître des gâteaux,
on poursuivit la saga Mario Land sur la Game Boy, et on créa Super Mario Land 2:
6 Golden Coins. Cette
suite de SML est étrange graphiquement, avec un mode Pause
affreux ( l'écran clignote avec une horrible inversion des
couleurs et franchement ratée au point de vue musical, avec une
bande son pas variée et des musiques lancinantes. Mais c'est le
scénario et la longueur du jeu qui change tout! D'abord, ce
n'est pas Bowser ni Wart qui attendra Mario, mais Wario, un
nouveau supervilain qui ose se prendre pour notre plombier
préféré. Il a donc profité de l'absence de Mario, parti en
croisade contre Tatanga lors
du premier épisode, pour s'emparer de son château,
et d'envoûter les habitants de MarioLand, qu'il a rapidement mis
à son service. Les 32 niveaux du jeu sont variés, reliés une
nouvelle fois par une carte bien réalisée ( seule réussite
graphique du jeu, quasiment...). Ils sont relativement agréables
mais un peu bizarres pour certains ( on se demande ce qui est
passé par la tête des programmeurs qui les ont inventés!). En
revanche, de nombreux éléments nouveaux font leur apparition:
la glu, dans laquelle se colle Mario, les bonus game obtenus avec
une cloche de fin de niveau, la bulle d'hippo qui permet de
voler, la tenue de cosmonaute et l'apesanteur ( dans la Space
Zone), mais surtout le Mario-Lapin, obtenu avec une carotte
magique. Il ne peut pas s'envoler mais flotte dans les airs,
comme la Princesse de SMB2. Et ça, c'est super!
Tiens, puisque nous sommes en
1992, notons au passage, dans la charnière 1992-93, la sortie
dans les salles du film Super Mario Bros., qui a fait un carton, avec Bob Hoskins
dans le rôle de notre plombier favori. Vous pouvez
d'ailleurs en savoir plus sur le film, si
vous êtes un fan de ciné, sur la rubrique Super
Mario Bros.: le film. Cette année-là, le dessin animé de Mario et la
BD connurent également leur apogée. On dit même que l'année
1992 fut l'année Mario. Mais bien qu'année Mario, 1992
marque aussi la fin de presque quinze ans de règne sur la
planète jeu vidéo de la NES, qui disparaît presque ( quelques
jeux sortiront encore en 1993/94) alors que la SNES poursuit son
inexorable ascension pour dominer Sega à elle toute seule.
Revenons au jeu vidéo! Nintendo
était toujours en panne de nouveaux jeux, alors... pour se
rattraper, les Japonais proposèrent de sortir une cartouche qui
regrouperait quatre jeux en un ( la bonne affaire!): c'est ainsi
qu'on créa Super
Mario All Stars, qui
regroupe la série des Super
Mario Bros. et les fameux Lost Levels, ce
jeu créé uniquement au Japon! Et ce avec une sacrée
amélioration graphique et musicale pour ce qui est des niveaux.
Jugez-en plutôt avec ces photos, et comparez-les à celles des
versions NES... là est toute la différence! Pour le reste, rien
n'a été ajouté, tout bloc est à sa place! Je ne vais pas
m'attarder sur les trois SMB, que vous connaissez déjà; parlons
alors des Lost Levels.
D'abord, les adeptes de Luigi seront satisfaits: ce jeu permet de
jouer avec n'importe lequel des deux frères... seulement, comme
dans SMB2 ( y'aurait-il une copie de SMB2 sur The Lost Levels à
ce sujet?), si Mario a une attitude classique, des sauts normaux,
Luigi saute plus loin et plus haut
que Mario ( mais il est plus dur à
manier), et c'est là l'avantage de choisir son perso. Côté
nouveautés par rapport à SMB, l'existence d'une seconde quête
à partir du level 8-4 ( et donc la défaite de Bowser) rend le
jeu encore plus ardu, voire délicat. Personnellement, j'ai mis
un bout de temps à finir le D-4, le dernier des 52 niveaux de ce
jeu... 52? Ah oui, vous pensez à 8 mondes de 4 niveaux ( 32),
plus une deuxième quête de 4 mondes de 4 niveaux ( 16)... et
que 32 + 16 = 48? Z'inquiétez pas, je sais compter! Il existe
tout simplement un treizième monde, entre le 8 et le A: le monde
9, génial, que je vous laisserai découvrir. Ensuite, le jeu est
plus complexe que SMB car on peut tomber sur des champignons
vénéneux qui font rétrécir le héros. Toujours dans le
registre du vice, vous tomberez forcément sur ce que l'on
appelle une anti-warp zone. Vous savez, la warp zone...
ce tuyau qui vous transporte vers un monde plus lointain! Eh
bien, ici, il s'en trouve,
des warp zone, en quantité
même... sauf que certaines fonctionnent à l'envers en vous
ramenant vers un monde précédent!! C'est vicieux, je sais, mais
c'est comme ça. Rassurez-vous, il en existe aussi dans le bon
sens. Pour continuer avec les trucs pas sympas, sachez qu'il y a
énormément de salles secrètes, appelées plus communément coin
rooms ( la pièce des pièces). Vous me direz qu'il n'y a
aucun problème... si! Il y en a qui sont fréquentées par des
plantes, une par des canons ( la plus cachée du jeu), et
certaines présentent même des trous! Allez, je finis avec trois
autres choses curieuses: la présence de toutes sortes d'ennemis
sous l'eau, des tortues ( normal) aux Goombas ( moins normal) en
passant par les canons ( encore moins normal) et même une boule
de feu quelque part ( de moins en moins normal!!)... ensuite, le
vent qui vous pousse ( haha!! j'aime bien, ça!) ou, pour
conclure, les tremplins qui vous projettent au-dessus de l'écran
si bien que Mario disparaît au-dessus des nuages (
rassurez-vous, il est encore contrôlable). C'est beau, Mario All
Stars, mais pas facile...
Tiens, parlons de jeux introuvables...
citons Wario
Blast, une
introduction ratée du vilain dans la série des Bomberman,
ou encore Yoshi's
Safari, course en
mode 7 à la façon SMK mais très peu produite.
Yoshi's Safari est très étrange, et ne ressemble absolument à rien: On pourrait presque se demander pourquoi Nintendo s'est pris la tête à développer cette cartouche qui n'a eu aucun succès. En fait, si l'on devait résumer le jeu en lui-même, on aurait du mal tant c'est incompréhensible...
C'est pas compliqué pourtant:
Mario chevauche Yoshi ( on croyait que cela n'arriverait plus
jamais) et doit tirer sur des Goombas qui envahissent le paysage
( d'ailleurs, il n'y a pas que des Goombas mais aussi plein
d'autres vilains bien décidés à semer le mal. Mario doit les
dégommer avec le célèbre SuperScope de Nintendo ( revu pour
l'occasion). Cette extermination est en
fait, pour résumer, le seul principe d'un jeu bizarre qui ne se
rattrape même pas dans la musique ( on n'a jamais vu une aussi
mauvaise bande son sur SNES)...quant aux graphismes, ils sont
tout bonnement pitoyables!!! Réalisé en mode 7, ce jeu est
excessivement éloigné de SMK et présente des scènes pas très
variées... C'est tellement mal fait qu'on pourrait presque
croire que les persos évoluent dans un parc urbain ( si, si,
j'vous jure!). À voir les deux seules photos disponibles, on
croit voir des lampadaires à la place des arbres et des
immeubles au fond. Quant à la route, elle est digne des plus
mauvais circuits de F-Zero: on croirait de la moquette!
Yoshi's Safari est donc un jeu exécrable, l'un des pires de la console, il est injouable et ne ravit personne. Pas étonnant qu'il ne se soit que très peu vendu. Tiens, au passage, je signale que, si vous possédez ce jeu... il vaut très cher: il est coté à près de 3500 F ( soit... heu... 533, 57 ?), selon des sources Nintendo Europe. Qu'on se le dise!
En l'an de grâce 1993 toujours, c'est la Game Boy qui réalisa le plus grand nombre de productions, avec notamment Super Mario Land 3, plus connu sous le nom de Wario Land ( il faut le préciser, sinon Wario va me rappeler à l'ordre...). Un test complet de la cartouche se trouve dans la section Tests du site.
Les deux autres jeux sortis cette
année-là par la Game Boy étaient Yoshi's Cookie et un Mario & Yoshi version monochrome qui a fait un fiasco
complet. Enfin, sur la Super NES, l'éditeur Mindscape lança un
jeu éducatif appelé Mario is Missing! et ayant pour principe de diriger Luigi à
travers le monde pour libérer Mario. Je m'explique: Bowser
enlève Mario, le séquestre dans son sinistre château en
Antarctique, et envoie ses Koopas voler des objets précieux pour
amasser de l'argent et s'approprier des... sèche-cheveux, son
but étant de faire fondre l'Antarctique et de noyer la planète.
Cool. Ouf, Luigi et Yoshi sont là et vont récupérer les objets
en question dans les villes les plus célèbres du monde ( et
Luigi devra répondre à des questions pour " prouver
l'authenticité de sa marchandise"). Pendant ce temps,
il acquiert des connaissances ( c'est bien!) et gagne aussi des
points, dans le but de faire échouer Bowser et de libérer
Mario.
Mario is missing! sera d'ailleurs repris
dans le seul jeu PC présentant la bande à Mario: le jeu, qui
était déjà en français, adopte un titre dans la langue de
Molière: Mario
a disparu!, qui n'est
ni plus ni moins qu'une amélioration de la version console, et
dont les décors sont un peu mieux réalisés. Les
villes sont plus nombreuses, mais le principe reste toujours le
même. Le problème est que si vous ne disposez pas d'une bonne
carte son et d'une bonne carte graphique, vous vous retrouvez
face à un jeu absolument exécrable, qui se manie uniquement
avcec le clavier! De plus, la réalisation de Luigi et des autres
persos est mauvaise. Si leur tronche reste relativement
originale, ils ont presque des tailles normales et
des faciès humains. C'est dommage car en ajoutant le décor, qui
ressemble à s'y méprendre à ce que Paper Mario nous
proposera en 2001, le tout désobéit complètement à l'esprit
de la série et n'a plus que le titre qui peut nous rappeler que
c'est un Mario!
En 1994 est sorti le ( presque) inconnu Wario's Woods sur NES ( juste avant la mort définitive
de la console), qui est un énième dérivé de Tetris avec Toad
pour héros qui doit combattre Wario.
Wario's Woods est très spécial en matière de gameplay: c'est tout simplement injouable, on ne comprend rien à première vue, le jeu semble être sorti tout droit des années 90-91... pour être bref, on a un sentiment de nostalgie en voyant ce jeu, très curieux ( il n'y a que 3 persos importants de la saga: Toad, Wario et Birdo).
Wario's Woods présente un
graphisme relativement mauvais, car la NES était capable de bien
meilleures choses. C'est à se demander si les programmeurs
étaient motivés par la sortie de cette cartouche... Côté
sonore, on dirait un peu une bande son de Game Boy, mais ça
change. En revanche, on ne pouvait pas se permettre de sortir ce
style de
jeu quatre ans après le superbe Dr.
Mario... les images sont de même qualité, alors qu'il peut
y'avoir beaucoup d'évolutions en quatre ans ( dans le film,
Mario dit même que « en quinze jours, il peut s'en passer
des choses »).
Mais quand on y réfléchit bien, Wario's Woods est meilleur que des titres peu convaincants du type Mario & Yoshi ou Yoshi's Cookie. Très peu médiatisé, ce jeu nous est donc presque inconnu mais il vaut le coup... et puis le posséder relève de l'exploit, tant il a été peu vendu en Europe...
La même année est sorti un jeu
extrêmement rare ( dont la note n'apparaît pas dans la section
Jeux): Super
Mario All Stars + Super Mario World. C'est en fait l'une des rares cartouches de
l'histoire de Nintendo à regrouper deux jeux fonctionnant pour
la même console, ici la Super Nintendo. Concept assez étonnant,
SMAS+SMW
regroupe évidemment les deux jeux
concernés, mais cela permet surtout de posséder 5 jeux en une
seule cartouche, à savoir les trois SMB mondialement connus, les
Lost Levels, et le sublime SMW. Le tout avec évidemment la
qualité 16-bits.
Outre la présence de la boîte de Super Mario World à l'écran
de sélection des jeux, quelques différences notables se
trouvent sur l'Écran Titre ( voir ci-dessus). D'abord, la tortue
a laissé place à un Yoshi vert ( logique vu que cette cartouche
inclut SMW). Ensuite, vous constaterez mais là, on s'en
fout un peu que Birdo est assis(e?) alors qu'on le ( la?)
voyait debout sur l'écran Titre d'origine. Enfin, le ciel sombre
a laissé place à un crépuscule d'un très bel effet.
Je pense que vous aurez des difficultés à trouver cette
cartouche d'ailleurs, je ne l'ai pas! en Europe,
mais sachez qu'elle existe! J'ai d'ailleurs un ami qui m'a
scanné sa cartouche pour qu'elle soit présente dans la liste
des cartouches. En tout cas, si vous possédez ce jeu chez vous,
c'est plutôt bon pour vous...
et
:
1992;
: 1993.
La
création - La première série
à succès - La fin d'une série
et le début de deux autres - Une
nouvelle ère
Les plus grands succès et
l'arrivée d'une quatrième console - La
révolution N64 - Actualisation